Quel choix le 6 mai?

Bonjour à tous !

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Hier soir à 20h, ou souvent un peu avant, nous avons su :  ce sera un duel classique entre la droite et la gauche. Pour la démocratie c'est une victoire, d'autant plus que la participation a été très forte. Le 21 avril ne sera pas oublié, mais "les choses sont rentrés dans l'ordre" et pour la première fois au XXIème siècle, les Français et les Françaises auront à vrai choix de société à faire pour notre pays.

 

Dans deux semaines, nous ferons un choix qui déterminera l'orientation politique, économique, sociale et culturelle de la France pour les cinq ans à venir. Une nouvelle génération politique est là et devra agir dans un monde qui a profondément changer depuis la chute du Mur de Berlin. Ne nous voilons pas la face, le ou la futur(e) Président(e) ne sera pas tout puissant face aux enjeux globaux et ne pourra pas résoudre tous nos problèmes. Mais il ou elle aura quand même une forte influence sur les grands enjeux de notre société (emploi, pouvoir d'achat, retraites, Europe, sécurité ...) et notre vie quotidienne.

 

Ce blog est crée et sera enrichi par une amie et moi-même, tous deux diplômés de Sciences-Po l'année dernière. Dès à présent, et dans un souci de clarté, il me paraît important de vous dire que nous avons voté et nous voterons tous les deux pour Ségolène Royal. Nous ne prétendons pas que les idées que nous développerons ici seront impartiales. Seulement il nous paraît important de justifier notre choix sans démagogie vis-à-vis de Nicolas Sarkozy et en restant le plus possible proche de la réalité.

 

En effet, nous avons trouvé beaucoup de sites et de blogs caricaturant négativement le candidat de l'UMP (avec plus ou moins d'humour )et d'autres caricaturant positivement celle du PS. Nous allons ici essayer d'éclairer votre choix pour que vous votiez en connaissance de cause. Ce blog sera aussi ce que vous en ferez et nous sommes ouverts à vos idées.

 

Bonne lecture !

Mardi 1 mai 2007

Au lendemain du premier tour, je me suis senti un électeur « courtisé Â» : mon candidat ne s’est pas qualifié pour le second tour, mais s’est imposé comme le 3e homme. Vous l’aurez compris, j’ai voté François Bayrou, comme environ 7 millions de Français ; et pour le second tour, après quelques jours d’observation, j’ai décidé que je voterai, avec conviction, pour Ségolène Royal.

                              

Le fait marquant de ce premier tour est le taux de participation exceptionnel. Bien sûr, le spectre du 21 avril 2002 était dans les esprits, mais je pense également que la manière d’envisager la politique a évolué, ce qui a séduit les Français. Nous avons eu, dans cette campagne, un véritable débat entre des projets très complets et souvent détaillés sur les orientations de réforme de notre pays. Et au-delà, la « méthode Â» Bayrou de se situer au-delà du clivage gauche – droite, de réunir les meilleures idées afin de réfléchir ensemble à l’avenir du pays, a réussi à s’insérer dans la campagne. Les débats de « politique politicienne Â», au cours desquels les attaques personnelles fusaient en se coupant la parole, laissant dans la tête du téléspectateur un mal de crâne et un profond désintérêt pour la politique, semblaient avoir disparu, ce qui a sûrement joué un grand rôle dans la participation des Français à l’élection.

 

Pourtant, au second tour, il semble que seule Mme Royal ait compris cet enseignement et incarne cette nouvelle politique. Si le pacte présidentiel reste le cœur du projet, elle se montre cependant ouverte aux propositions qui viendraient le préciser, en faisant ainsi un projet évolutif, visant le consensus. Dans l’autre camp, malgré ses propos le soir du premier tour, le candidat de la droite semble être revenu à l’ancienne méthode : le débat avec M. Bayrou a été refusé par M. Sarkozy, ses lieutenants dévalorisent sans cesse le projet socialiste en le qualifiant de passéiste et rétrograde et l’UMP se retrouve à adopter une attitude rigide autour du projet de son candidat.

 

Son projet, il l’a annoncé, n’est pas négociable, il est sans compromis. Le discours semble se situer dans une logique d’opposition, presque de manichéisme (les Français face aux immigrés, les feignants face aux travailleurs, les fonctionnaires face aux salariés du privé…). L’analyse est facile, la solution semble séduisante : réintroduire l’autorité au sein de la démocratie, un retour des valeurs qui auraient été balayées par mai 1968.

 

Pourtant, c’est oublier une donnée essentielle : le propre de la démocratie est de discuter de l’autorité et de sa mise en Å“uvre ; sinon, la démocratie cède la place à l’autoritarisme. Et le simple exemple des rapports suspects et complexes de M. Sarkozy avec les médias me semble dangereux pour la préservation d’une vision objective et impartiale, nécessaire afin que le peuple choisisse son avenir en toute connaissance de cause. Mme Royal aujourd’hui incarne le mieux cette vision à mon sens.

 

Même s’il doit être encadré, le débat est nécessaire : les grandes réformes ces dix dernières années n’ont pu être menées que grâce à la recherche d’un consensus, qu’il s’agisse de la sécurité sociale en 1996, des finances publiques en 2001 ou bien des retraites en 2004 ; la droite, comme la gauche avaient alors compris que la cohérence, le rassemblement étaient les maîtres mots. Ces réformes dont les premiers effets se font sentir tentent de réaliser un équilibre entre la préservation des acquis et la volonté de rénover notre système : la force de la démocratie est là, dans sa capacité à se remettre en question.

 

Au final, 54% des Français estiment que l’élection du 6 mai sera un choix entre deux manières de concevoir la politique et 24% un choix entre deux personnalités, contre 20% un choix entre droite et gauche. L’enjeu est donc clairement posé. Mon choix est donc fait ; quel sera le vôtre ?

Par Jérôme - Publié dans : Pourquoi Ségolène Présidente ?
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